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Séminaire lundi 19 janvier 2026

 Vagues de chaleur et relations hôtes parasites

Justine Boutry, MIVEGEC – CNRS / IRD / université de Montpellier

Lundi 19 janvier 2026 à 13 heures, en salle 303

 

Les vagues de chaleur remettent en question la manière dont les facteurs de stress environnementaux modifient les interactions entre hôtes et parasites, en particulier durant les stades critiques « hors hôte » des endoparasites. Ces stades, souvent considérés comme inertes et insensibles aux changements environnementaux, demeurent une boîte noire dans la recherche écologique malgré leur rôle essentiel dans la transmission.

Dans mes travaux actuels, j’examine comment les vagues de chaleur influencent l’infectiosité et la progression de Pasteuria ramosa, un parasite bactérien du crustacé planctonique Daphnia magna. Des spores issues de quatre clones parasitaires génétiquement distincts ont été exposées à trois régimes de température (20 °C, 30 °C, 40 °C) avant les essais d’infection. Les résultats montrent que les vagues de chaleur réduisent systématiquement l’infectiosité du parasite, quel que soit le génotype, ce qui suggère des mécanismes plastiques non adaptatifs. Fait intéressant, les spores soumises à un stress thermique ont provoqué des effets spécifiques selon le génotype de l’hôte : un clone de Daphnia a présenté des taux de stérilisation accrus à des températures élevées, tandis que d’autres ont montré des déclins modérés à sévères. De plus, les individus non infectés mais exposés à des spores ayant subi un stress thermique ont montré une meilleure survie, suggérant une réduction des coûts de résistance face à des spores endommagées.

Dans l’ensemble, ces résultats démontrent que des événements environnementaux transitoires, vécus uniquement par le parasite, peuvent remodeler les issues de l’infection, soulignant ainsi l’importance de l’histoire environnementale du parasite. Dans la continuité de cette idée, mon projet à venir explore la possibilité que de tels changements induits par l’environnement puissent persister à travers les générations. Les parasites peuvent-ils hériter et transmettre l’information issue de stress passés ? En prolongeant cette question, je cherche à comprendre comment une « mémoire » non génétique chez les parasites et les cellules tumorales pourrait influencer la dynamique des épidémies et l’évolution du cancer dans un contexte de changement global.

 

extrait:
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titre:
Vagues de chaleur et relations hôtes-parasites
intervenant:
Justine Boutry
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lundi 19 janvier 2026
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 Vagues de chaleur et relations hôtes parasites

Justine Boutry, MIVEGEC – CNRS / IRD / université de Montpellier

Lundi 19 janvier 2026 à 13 heures, en salle 303

 

Les vagues de chaleur remettent en question la manière dont les facteurs de stress environnementaux modifient les interactions entre hôtes et parasites, en particulier durant les stades critiques « hors hôte » des endoparasites. Ces stades, souvent considérés comme inertes et insensibles aux changements environnementaux, demeurent une boîte noire dans la recherche écologique malgré leur rôle essentiel dans la transmission.

Dans mes travaux actuels, j’examine comment les vagues de chaleur influencent l’infectiosité et la progression de Pasteuria ramosa, un parasite bactérien du crustacé planctonique Daphnia magna. Des spores issues de quatre clones parasitaires génétiquement distincts ont été exposées à trois régimes de température (20 °C, 30 °C, 40 °C) avant les essais d’infection. Les résultats montrent que les vagues de chaleur réduisent systématiquement l’infectiosité du parasite, quel que soit le génotype, ce qui suggère des mécanismes plastiques non adaptatifs. Fait intéressant, les spores soumises à un stress thermique ont provoqué des effets spécifiques selon le génotype de l’hôte : un clone de Daphnia a présenté des taux de stérilisation accrus à des températures élevées, tandis que d’autres ont montré des déclins modérés à sévères. De plus, les individus non infectés mais exposés à des spores ayant subi un stress thermique ont montré une meilleure survie, suggérant une réduction des coûts de résistance face à des spores endommagées.

Dans l’ensemble, ces résultats démontrent que des événements environnementaux transitoires, vécus uniquement par le parasite, peuvent remodeler les issues de l’infection, soulignant ainsi l’importance de l’histoire environnementale du parasite. Dans la continuité de cette idée, mon projet à venir explore la possibilité que de tels changements induits par l’environnement puissent persister à travers les générations. Les parasites peuvent-ils hériter et transmettre l’information issue de stress passés ? En prolongeant cette question, je cherche à comprendre comment une « mémoire » non génétique chez les parasites et les cellules tumorales pourrait influencer la dynamique des épidémies et l’évolution du cancer dans un contexte de changement global.

 

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